Zéro déchet et slow living ou comment gagner du temps !

Ralentir son train de vie pour se reconnecter à l’instant présent, telle est la devise du slow living. Je vous en ai déjà glissé quelques touches dans des articles précédents. Aujourd’hui, je vous parle plus en profondeur avec le thème : zéro déchet & slow living ou comment faire soi-même permet de ralentir.

Qu’est-ce que le slow living ?

Avec la frénésie des réseaux sociaux, du train de vie métro-boulot-dodo et de la société de (sur)consommation, le mouvement slow life (=slow living) est né. Cela signifie en français : vivre lentement. Aujourd’hui, lorsque quelqu’un nous dit qu’il a fait un burn-out, nous ne sommes même plus étonnés... C’est dire comme il est bien vu d’être sur-booké et de courir dans tous les sens. Le slow living, c’est ralentir pour mieux vivre. Travailler moins pour être plus productif et profiter davantage de son quotidien. Le slow living met aussi en avant le fait de faire une seule chose à la fois. Cela permet d’être concentré à 100% sur ce que nous faisons, ainsi nous gagnons en efficacité et sommes davantage présent à l’instant.

Le zéro déchet un allié pour ralentir.

Cela peut paraitre étonnant mais réduire mes déchets m’a fait gagner énormément de temps. De ce fait, j’ai naturellement intégré une démarche plus slow dans ma vie quotidienne. En effet, pour consommer plus zéro déchet je me suis mise aux fourneaux. A première vue, on peut penser que cela fait « perdre » du temps. Cependant, savoir fabriquer son pain, son lait végétal ou ses biscuits peut faire gagner beaucoup de temps ! De plus, le slow living invite à se reconnecter à son quotidien et quel beau moyen que d’utiliser la cuisine pour cela. Se nourrir est à la base de notre survie et il est très gratifiant de se cusiner de bon petits plats à partir de produits frais et de saison. Plus ma démarche vers le zéro déchet avance, plus je me tourne vers le minimalisme et le slow living. J’ai l’impression qu’ils sont reliés et j’aime beaucoup me tourner de plus en plus vers ces valeurs.

Cuisiner plus est aussi une belle occasion de se mettre aux fourneaux en famille. Il n’y a pas à dire, mais cuisiner en amoureux peut être un vrai moment de complicité. Sans écrans et enfermé dans la cuisine le temps ralentit et laisse place à l’instant. Les odeurs y sont sûrement pour quelques choses. Rien que la pensée d’un dessert en train de cuire au four me met du baume au coeur. Sans parler d’une bonne soupe de légumes de saison !

soupe maison zéro déchet
Soupe pour avoir la forme ! Chou rouge, poireaux, carottes, champignons, miso, curcuma et oignons !

Comment gagner du temps avec le zéro déchet ?

Souvent on peut penser que faire soi-même prend du temps. Effectivement, faire votre pain vous demandera quelques minutes, mais comparé à mettre ses chaussures, marcher (si ce n’est prendre la voiture) pour aller à la boulangerie, finalement on est peut-être gagnant à faire soi-même.

Voici quelques chiffres à titre indicatif, basés sur le temps qu’il me faut pour différentes tâches du quotidien :

  • Lait végétal : 10 minutes. Pour recycler l’okara rapidement (résidus obtenus en filtrant le lait végétal), j’ai trouvé une nouvelle technique. Il suffit de le faire sécher (sur un radiateur par exemple ou au four) et de l’intégrer à son bol de muesli du matin !
  • Pain : 10-15 minutes. Fabriquer son pain vous prendra le même temps que vous en fassiez 500g ou 1kg. Alors pour « gagner » du temps j’aime y aller par 1kg. Pour le conserver, je le congèle.
  • Plat maison équilibré et rapide : 10-15 minutes. Tout est dans le choix des légumes. C’est en lisant le livre « L’art de la simplicité » de Dominique Loreau que j’ai réalisé que simplifier sa vie c’était choisir les choses faciles. Par exemple, je n’achète que rarement des champignons car je trouve que ça demande beaucoup de temps pour les laver, éplucher etc… Surtout les bio, car ils sont plein de terre, ce qui est tout à fait normal hein ! Mais du coup, en bonne maman feignante qui veut tout de même que sa famille mange des légumes, je choisi par exemple, des poireaux, carottes, navets… Des légumes faciles à laver, éplucher et couper ! Ainsi, il est possible de préparer un repas très rapidement. J’utilise en général soit la cuisson vapeur soit simplement une poêle. En accompagnement un combo riz-lentilles permets un bon apport en protéines pour équilibrer le repas et cela prend vraiment 2 minutes pour les sortir du placards, les mettre dans l’eau bouillante et les égoutter !
  • Lessive de lierre: 10 minutes. Lorsque nous arrivons à court de lessive, nous allons ramasser du lierre lors d’une balade. Il y en a à tous les coins de rue, même en ville. C’est franchement hyper simple pour en trouver. J’utilise 100 feuilles pour 2 L. Ça me prend environ 5 minutes pour laver les feuilles et les plonger dans l’eau bouillante. Puis je laisse reposer plus ou moins 12 heures et ça me demande à nouveau 5 minutes pour filtrer le tout. Franchement, de la lessive gratuite, efficace et zéro déchet en 10 minutes je trouve ça top !

Lait noisette maison Lessive de lierre maison Pain maison

De gauche à droite : noisettes en train de tremper pour faire du lait végétal maison ; lessive de lierre maison en cours de fabrication ; pain maison.

Se reconnecter à l’instant.

En réalisant soi-même une bonne partie de ce dont on a besoin, on diminue sa liste de course. Ainsi, nous avons besoin de moins de temps au supermarché et nous gagnons du temps. Temps qui pourra être utilisé pour fabriquer son pain, lait végétal, lessive etc… En pétrissant son pain, filtrant sa lessive de lierre ou en séchant son okara sur le radiateur, on se reconnecte à ses besoins et à son quotidien. Cela permet d’être plus conscient et d’intégrer petit à petit le slow living à sa vie.

Entrevue

Pour parler du slow living, j’ai posé quelques questions à une blogueuse Québécoise qui a naturellement intégré la lenteur à son quotidien, Andréann du blog Lunatum et co-fondatrice du magazine Lentement.

entrevue Andréann

Comment as-tu démarré ta démarche vers une vie plus simple et plus lente ?

À 16 ans, j’ai fait une dépression. J’étais simplement plus capable de me lever pour aller à l’école. J’y étais obligée d’assister à des cours qui ne m’intéressaient pas et sur des matières que je maîtrisais déjà. J’ai toujours eu d’excellentes notes, je ne dérangeais pas.  J’ai lâché le secondaire 5 en mars… J’ai repris tous mes crédits pour un diplôme secondaire l’automne d’après, ça m’a pris deux mois parce qu’il y avait une limite d’examen que je pouvais faire par semaine.
On s’attendait de moi que j’aille au CEGEP, alors j’ai fait une année de transition, que j’ai détesté. Je me suis quand même inscrite en arts plastiques en septembre d’après, mais j’ai lâché avant de perdre les sous de l’inscription. Le système scolaire, j’ai beau avoir essayé, c’est vraiment pas ma tasse de thé! J’ai décidé qu’au risque de décevoir ma mère, je n’y mettrais plus les pieds.
Je m’étais mise à fréquenter sérieusement mon amoureux cet été-là, et ensemble nous avions convenue que je prendrais un break de contraceptifs oraux, qui me rendaient malade depuis 5 années déjà… Et bien sûr, je suis tombée enceinte!
Ça nous semblait logique, puisque les femmes sans métier font moins d’argent que les hommes, que je reste à la maison avec le bébé au lieu d’aller travailler dans une épicerie pour le mettre en garderie. Nous avons eu un autre bébé, ma grande avait 2 ans. J’avais (et j’ai encore) l’impression d’être à la bonne place au bon moment.
Dans le fond, ma vie plus simple et plus lente a simplement été de passer de l’enfance à l’âge adulte.

As-tu l’impression d’avoir plus de temps depuis que tu as simplifié ta vie ?

Enfant, j’ai toujours été très libre de mes actions. Sauf, bien sûr, l’obligation de fréquentation scolaire. Le simple fait d’avoir eu 16 ans et de m’en être délivrée a grandement simplifié ma vie! Je me considère très riche de temps. Comme les enfants ne vont pas à l’école et ne sont pas malades, nous avons rarement des rendez-vous contraignants dans le temps, et nos activités sont souvent en milieu de journée. Je peux prendre le temps de me lever avec mon amoureux, de nous faire à déjeuner et lui souhaiter une bonne journée, de faire du yoga en attendant que les enfants se réveillent. On a tout le temps du monde pour s’appliquer sur un projet ou passer la journée dehors, écouter une série documentaire en rafale… J’ai aussi beaucoup de temps pour cuisiner. Notre propre pain, biscuits, notre souper la plupart des soirs. Je peux fabriquer nos vêtements.

Quels sont les bienfaits que cela t’apporte ?

Je fais ce que j’ai réellement envie de faire. Je suis dans le moment présent (bon, je pense souvent à quoi faire à manger pour le prochain repas…c’est pas au point!) J’accompagne mes enfants dans leurs intérêts, je les vois développer des liens très forts. Ils sont eux-mêmes très autonomes, alors quand ils n’ont pas besoin de moi je peux travailler sur mes projets personnels. Je suis consciente de mon niveau d’énergie, je me gène pas pour dire non à une activité si je ne la sens pas. Mon amoureux vit une période assez stressante et éprouvante, je suis toute disponible pour le soutenir car de mon côté je viens bien. Je n’ose même pas imaginer si je devais travailler à l’extérieur de la maison en ce moment.

Quel conseil donnerais-tu à une personne souhaitant mettre un peu plus de lenteur dans son quotidien ?

Le conseil #1 serait de se foutre de l’opinion et des attentes des autres. Personne ne choisie consciemment de se sentir stressé et malheureux ou de s’en mettre trop sur la planche. C’est souvent par peur de décevoir ou parce que « tout le monde le fait », (ou à cause de circonstances bien malchanceuses) qu’on se trouve à vivre à un rythme mauvais pour la santé (physique et mentale)!
Réévaluer souvent la situation et se choisir, c’est important.
Oser prendre action! Poser les gestes qui vont simplifier sa vie. Même si c’est à contre-courant, même si des fois c’est difficile de vivre avec les jugements des autres. À la fin de la journée, on se retrouve seul chez soi et les personnes qui nous jugent ne vivent pas notre vie.

Un grand merci à toi Andréann pour avoir pris le temps de nous exposer ton point de vue sur le slow living.

Pour suivre Andréann & son quotidien bien inspirant :

Blog : Lunatum blog ; Instagram : @andreannlune

Magazine Lentement en collaboration avec Elisabeth Simard : Lentement ; @lentementmag

Lentement mag

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Et vous, quelles sont vos astuces pour reconnecter avec votre quotidien ?

 

 

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